L’entraînement à jeun pour diminuer le risque de diabète?

10 février, 2020 , , ,

Une étude publiée récemment suggère que s’entraîner à jeun permet d’améliorer la sensibilité à l’insuline et ainsi diminuer le risque de diabète de type 2. Mais est-ce vraiment le cas? Voici l’heure juste sur le sujet!

Une étude récente s’est intéressée au lien entre le moment de la prise du petit déjeuner et les bénéfices métaboliques liés à l’exercice. Pour ce faire, trente hommes sédentaires et en surpoids ou obèses ont été répartis en trois groupes. Le groupe témoin a continué d’être sédentaire. Les deux autres groupes ont fait de l’exercice supervisé à intensité modérée le matin (course sur tapis roulant) d’une durée de 30 à 50 minutes, trois fois par semaine pendant six semaines, sans prendre de petit déjeuner. Les sujets du deuxième groupe ont ingéré une boisson aromatisée à la vanille riche en glucides (1.3 g de glucides par kg de poids corporel) deux heures avant chaque séance d’exercice et une boisson placebo aromatisée à la vanille contenant aucun glucide après leur exercice. Les sujets du troisième groupe ont fait le contraire, c’est-à-dire qu’ils ont effectué leur exercice à jeun en consommant la boisson placebo sans glucides avant leur entraînement et la boisson riche en glucides après leur entraînement.

Comme on pouvait s’y attendre, le groupe témoin sédentaire n’a pas amélioré ni sa forme physique ni sa sensibilité à l’insuline durant ces six semaines. Les sujets qui ont effectué leur entraînement à jeun (3e groupe) ont utilisé plus de gras à l’effort comme source d’énergie comparativement aux sujets qui ont consommé des glucides avant leur entraînement (2e groupe), ce qui est normal puisque lorsque les glucides ne sont pas disponibles, le corps doit puiser dans ses réserves de gras pour produire de l’énergie. Par contre, il n’y avait pas de différence en ce qui concerne la perte de poids et la perte de masse grasse entre les sujets qui ont effectué leur entraînement à jeun et ceux qui ont consommé des glucides avant leur entraînement. Cela suggère que s’entraîner à jeun ne permet pas de perdre plus de gras comparativement à manger avant un entraînement si la quantité totale de calories consommée par jour est la même. Ce qui est plus intéressant, c’est que les sujets qui se sont entrainés à jeun ont vu leur sensibilité à l’insuline s’améliorer davantage comparativement à ceux qui ont consommé des glucides avant leur entraînement, c’est-à-dire que leurs cellules n’avaient pas besoin de sécréter autant d’insuline pour abaisser le taux de sucre dans le sang. Donc, s’entraîner à jeun peut être bénéfique pour aider à améliorer la glycémie.

Toutefois, il n’est pas obligatoire de s’entraîner à jeun. Selon une revue de douze études cliniques incluant 135 participants atteints de diabète de type 2, faire de l’exercice après un repas est efficace pour améliorer le contrôle de la glycémie. Les bénéfices les plus importants semblent être observés suite à des activités physiques aérobies (c’est-à-dire à composante cardiovasculaire) d’intensité modérée d’une durée de 45 minutes ou plus, de même que suite à des exercices de musculation.

Il est bien établit que toute activité physique, peu importe la durée, l’intensité ou le moment de la journée auquel elle est pratiquée, est bénéfique pour la santé et contribue à améliorer le contrôle de la glycémie et à prévenir les complications à long terme du diabète de type 2. Certains peuvent même normaliser leur glycémie et éviter la prise de médicament ou en diminuer la dose. L’activité physique fait partie intégrante du traitement du diabète au même titre qu’une alimentation équilibrée et que la médication. Le plus important est de faire de l’exercice de façon régulière. Ainsi, vous devriez choisir le moment de la journée qui vous convient le mieux pour vous entraîner selon votre horaire afin que vous puissiez faire de l’exercice régulièrement, peu importe si c’est avant ou après un repas. Idéalement, il est recommandé de faire au moins 150 minutes d’exercices cardiovasculaires et deux séances d’exercices contre résistance par semaine. Toutefois, si cela n’est pas possible pour vous, sachez que même seulement dix minutes d’exercice par jour peut être utile!

Chez les personnes atteintes de diabète de type 2, les programmes d’exercices supervisés sont particulièrement efficaces pour améliorer la maîtrise de la glycémie, réduire le besoin de médicaments et permettre une perte de poids soutenue. N’hésitez pas à faire appel à un kinésiologue pour vous aider. Combiner l’activité physique et la nutrition constitue certainement un choix gagnant. SOSCuisine offre plusieurs menus qui peuvent vous aider à améliorer le contrôle de votre glycémie.


Références

  • Edinburgh et coll. (2020) Lipid metabolism links nutrient-exercise timing to insulin sensitivity in men classified as overweight or obese. J Clin Endocrinol Metab;105(3).
  • Boniol et coll. (2017) Physical activity and change in fasting glucose and HbA1c: a quantitative meta-analysis of randomized trials. Acta Diabetol; 54(11):983-991.
  • Berror et coll (2018) The Effects of Postprandial Exercise on Glucose Control in Individuals with Type 2 Diabetes: A Systematic Review. Sports Med;48(6):1479-1491.
  • Arsa et coll. (2015) Effects of prior exercise on glycemic responses following carbohydrate ingestion in individuals with type 2 diabetes. J Clin Transl Res;1(1):22-30.
  • Gilbertson et coll. (2018) Glucose Tolerance is Linked to Postprandial Fuel Use Independent of Exercise Dose. Med Sci Sports Exerc; 50(10):2058-66.
  • Association canadienne du diabète (2013). Activité physique et diabète. Comité d’experts des Lignes directrices de pratique clinique de l’Association canadienne du diabète. Can J Diabetes; 37:S403-S408.
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Auteur

Kathryn Adel

Kathryn Adel

Kathryn possède des baccalauréats en kinésiologie et en nutrition et une maîtrise en nutrition sportive. Elle est membre de l’OPDQ et de l’Academy of Nutrition and Dietetics. Athlète de demi-fond, elle a couru pour l’équipe Montréal-Olympique et le Rouge et Or. Kathryn se spécialise en nutrition sportive, perte de poids, diabète, santé cardiovasculaire et gastro-intestinale. Kathryn possède beaucoup d’expérience avec l’approche FODMAP et a complété la certification de l’université Monash.

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